ECS : le tableau incendie du SDI, ce qu’il fait et ce qu’il n’est pas

ECS : le tableau incendie du SDI, ce qu'il fait et ce qu'il n'est pas

Visite d’ouverture d’un musée rénové. Le préventionniste de la commission se tourne vers le régisseur technique : « Montrez-moi la zone en alarme restreinte sur votre ECS et acquittez le dérangement. » Le régisseur se dirige vers l’armoire rouge de l’accueil, celle qu’il appelle « la centrale », et cherche des yeux un voyant qui n’existe pas sur ce coffret-là. L’ECS, lui, est deux portes plus loin, dans un local technique dont il n’a pas la clé. La visite a duré vingt minutes de plus, et l’avis a été assorti d’une prescription sur la surveillance du tableau.

Cette scène se rejoue dans beaucoup d’établissements : on parle de « la centrale incendie » pour désigner indistinctement le tableau de détection, le centralisateur de mise en sécurité ou le coffret combiné qui fait les deux. Cet article remet chaque boîtier à sa place. Vous saurez ce qu’est réellement un équipement de contrôle et de signalisation (ECS), ce qu’il n’est pas, où il doit être installé, ce que sa face avant doit vous dire, quelles limites de capacité et de câblage le cahier des charges doit fixer, et comment il se réceptionne.

L’ECS, c’est quoi exactement ?

L’ECS est le matériel central du système de détection incendie (SDI). La norme NF S 61-970 le définit comme l’ensemble des matériels du SDI « regroupés dans un emplacement réservé au personnel chargé de leur exploitation et comprenant, au minimum, les signalisations, contrôles et commandes de l’ECS, que ce dernier soit constitué d’une ou plusieurs enveloppes ». La NF S 61-931 ajoute la phrase qui compte pour le bureau de contrôle : l’ECS doit répondre à la norme NF EN 54-2. Autrement dit, c’est un produit certifié, pas un automate programmé par l’électricien.

Le règlement de sécurité des ERP, lui, emploie encore une formule plus ancienne. L’article MS 54 parle de « l’équipement de commande et de signalisation du système de détection incendie » pour définir la zone de détection : la zone surveillée par un ensemble de détecteurs et/ou de déclencheurs manuels « auxquels correspond une signalisation commune » dans cet équipement. Retenez le lien : la ZD n’existe que parce que l’ECS l’affiche. Si vous ne l’avez pas encore lu, notre article sur le zonage ZD, ZA, ZC et ZF explique comment ces zones s’emboîtent ; ici, nous restons sur le matériel.

Quatre fonctions, pas une de plus

  • Surveiller les circuits de détection : coupure, court-circuit et, le cas échéant, mise à la terre doivent remonter en dérangement.
  • Signaler l’alarme feu et le dérangement, visuellement et de façon sonore, en respectant la priorité des événements fixée par la NF EN 54-2 (le feu passe avant le défaut).
  • Localiser : indiquer la zone de détection, voire le point, d’où vient l’information.
  • Transmettre l’information de détection aux dispositifs auxiliaires : le centralisateur de mise en sécurité incendie (CMSI), une extinction automatique, une télésurveillance, une gestion technique.

Ce que l’ECS ne fait pas : il ne commande aucun dispositif actionné de sécurité (DAS) et ne gère aucune fonction de mise en sécurité. Dès qu’un boîtier de détection intègre au moins une de ces fonctions, la norme change son nom : il devient un ECS/CMSI, avec les restrictions que nous verrons plus bas.

Pourquoi tant d’exigences sur cette boîte ? Parce que l’article MS 56 assigne à la détection une mission précise : « déceler et signaler tout début d’incendie dans les meilleurs délais et mettre en œuvre les éventuels équipements de sécurité qui lui sont asservis ». L’ECS est le seul endroit où l’on constate que cette chaîne a fonctionné.

ECS, CMSI, ECS/CMSI : trois boîtiers, trois rôles

Un système de sécurité incendie de catégorie A comporte deux sous-systèmes : le SDI, qui détecte, et le système de mise en sécurité incendie (SMSI), qui agit. Chacun a son matériel central. Côté détection, l’ECS, régi par la NF EN 54-2 et installé selon la NF S 61-970. Côté mise en sécurité, le CMSI, visé par la NF S 61-934 et installé selon la NF S 61-932 ; dans sa version la plus complète il regroupe l’unité de commande manuelle centralisée (UCMC), l’unité de signalisation (US), l’unité de gestion d’alarme (UGA), l’unité de gestion centralisée des issues de secours (UGCIS) et l’unité d’alarme menace (UAM). Entre les deux, une liaison qui doit être surveillée (NF S 61-932, § 12.1.1) : c’est par elle que le scénario de mise en sécurité se déclenche, sans temporisation en catégorie A (article MS 60).

Chaîne SDI vers SMSI : ECS puis CMSI Chaîne de détection et de mise en sécurité (SSI de catégorie A) SDI : détecter et signaler SMSI : mettre en sécurité Détecteurs (DAI) Déclencheurs manuels (DM) circuits de détection ECS signale · localise surveille les circuits NF EN 54-2 · NF S 61-970 EAE NF EN 54-4 liaison surveillée CMSI commande · UGA · US sans temporisation MS 60 · NF S 61-934 · 932 DAS portes, volets, désenfumage Diffuseurs alarme générale (évacuation) AES / EAES alimentation de sécurité ECS/CMSI : les deux fonctions dans un même boîtier, limité à 5 ZS dont 1 ZA (NF S 61-932, § 8.2)

Schéma 1 : la chaîne de détection et de mise en sécurité. L’ECS reçoit les détecteurs et les déclencheurs manuels, signale et localise ; le CMSI commande les DAS et l’évacuation. La liaison entre les deux est surveillée.

Le troisième boîtier est l’ECS/CMSI : un ECS « dans lequel est ajoutée au moins une fonction de mise en sécurité » (NF S 61-970). Ce produit combiné est très répandu dans les petits établissements, et il est parfaitement normatif, à condition de respecter ses limites. La NF S 61-932 (§ 8.2) plafonne un ECS/CMSI à cinq zones de mise en sécurité, dont une seule zone de diffusion d’alarme, lui interdit les voies de transmission rebouclées ou redondantes équipées de matériels déportés, et exclut toute interaction avec d’autres ECS ou CMSI. Seule exception : l’ECS/CMSI dont la fonction CMSI se limite à l’évacuation (un ECS avec UGA) ; celui-là n’est pas limité en nombre de zones d’alarme et peut être associé à un CMSI. Dans ce cas, la fonction évacuation est gérée par l’UGA de l’ECS ou par celle du CMSI, « mais jamais par les deux », et l’UGA inutilisée doit être masquée.

Le choix entre ECS séparé et ECS/CMSI se joue donc à la conception, dans le cahier des charges fonctionnel : une galerie marchande à huit zones de mise en sécurité ne tient pas dans un produit combiné, une école de plain-pied souvent oui. Le piège classique consiste à acheter le boîtier avant d’avoir compté les ZS. Sur les catégories de SSI, notre article catégories A à E reste la porte d’entrée.

Et le « tableau de signalisation » de l’article MS 66 ?

Pour un équipement d’alarme de type 1, ce « tableau de signalisation » est bien l’ECS (ou l’ECS/CMSI) : c’est lui qui reçoit l’alarme restreinte des détecteurs et des déclencheurs manuels et qui porte la commande d’alarme générale. Une unité d’aide à l’exploitation (UAE), écran de supervision dédié au SSI, peut reproduire ses signalisations, mais la NF S 61-970 est nette : elle « ne peut en aucun cas remplacer tout ou partie des composants » du SSI.

Lire la face avant : ce qu’un exploitant doit savoir faire

Une face avant d’ECS se lit en trois familles de voyants : alarme feu, dérangement, hors service (zones ou points volontairement désactivés). Les commandes accessibles au personnel se situent au niveau d’accès 1 au sens de la NF S 61-931, c’est-à-dire ouvertes au personnel de surveillance sans clé ni code ; les réglages et la programmation relèvent de niveaux supérieurs réservés aux personnes habilitées et au mainteneur. La NF S 61-970 impose que toutes les informations visuelles soient « facilement visibles et lisibles » et que les informations sonores soient audibles, que les signalisations non utilisées soient masquées, sauf les zones en réserve qui doivent être indiquées comme telles, et que signalisations et commandes se situent entre 0,70 m et 1,80 m du sol.

Lire la face avant d’un ECS Lire la face avant d’un ECS (niveau d’accès 1) AFFICHEUR ALARME FEU · ZD 02 Réserve nord · point 17 FEU DÉRANG. HORS SERV. ZD 01 · Hall d’accueil ZD 02 · Réserve nord ZD 03 · Ateliers ZD 04 · en réserve ALARME GÉNÉRALE par zone de diffusion ACQUIT ARRÊT signal sonore Plan des zones de détection ZD 01 ZD 02 ZD 03 affiché à côté du matériel Étiquette du détecteur = ZD affichée par l’ECS (NF S 61-970, § 7.1) Commandes entre 0,70 m et 1,80 m du sol (NF S 61-970, § 11.2)

Schéma 2 : les repères d’une face avant d’ECS. Trois familles de signalisations, une commande d’alarme générale par zone de diffusion, un plan des zones de détection affiché à côté.

Le geste que la commission attend de votre personnel, c’est l’exploitation de l’alarme restreinte définie à l’article MS 61 : « vérifier si le processus résulte d’un déclenchement intempestif ou d’un sinistre et, dans ce dernier cas, déclencher immédiatement l’alarme générale ». L’article MS 66 encadre le temps disponible : l’alarme restreinte est immédiate ; l’alarme générale part automatiquement au bout d’une temporisation réglable, cinq minutes au maximum ; une commande manuelle sur le tableau permet de la déclencher tout de suite, par zone de diffusion, au niveau d’accès 1. Et la temporisation n’est admise que si l’établissement dispose, pendant la présence du public, d’un personnel qualifié pour exploiter immédiatement l’alarme restreinte. Pas de personnel formé, pas de temporisation.

Pour que ce geste soit possible, la norme exige un outil simple : un plan des zones de détection placé à côté du matériel central (NF S 61-970, § 8). Chaque détecteur et chaque déclencheur manuel doit porter l’indication de la zone dont il relève, « en accord avec l’indication fournie par l’ECS » (§ 7.1). La FFACSSI a précisé en 2018 que cette zone est bien la ZD définie par le coordinateur SSI, et non le numéro de boucle ou de « zone machine » du fabricant. Sur le terrain, c’est l’écart le plus fréquent : un ECS qui affiche « Boucle 3, point 17 » quand le plan dit « ZD 02 – réserve nord ».

Où l’installer et qui le surveille

Trois textes se superposent, et ils vont dans le même sens. Le règlement d’abord : le tableau de signalisation des équipements d’alarme de types 1 et 2 « doit être installé à un emplacement non accessible au public et surveillé pendant les heures d’exploitation de l’établissement », visible du personnel de surveillance, commandes accessibles, fixé aux éléments stables de la construction (article MS 66, § 1). La NF S 61-932 ensuite : dans un SSI de catégorie A, l’équipement de signalisation de l’ECS « doit être regroupé, notamment avec l’unité de signalisation du CMSI, dans un emplacement réservé au service de sécurité incendie » (§ 12.1.1), emplacement qui doit être sec, à faible risque d’incendie et de dommage mécanique. La NF S 61-970 enfin (§ 11.1) : chaque enveloppe de l’ECS est implantée dans une surface surveillée par au moins un détecteur du SDI, et ses signalisations sont accessibles aux équipes d’intervention au niveau d’accès 1.

Que faire quand le matériel central n’est pas dans un local sous surveillance humaine ? La norme répond : installer sous surveillance humaine au moins un tableau répétiteur d’exploitation (TRE) ou une face avant déportée de l’ECS. Une UAE, une recherche de personnes ou une télésurveillance peuvent s’y ajouter, mais « en supplément », jamais à la place. La NF S 61-932 (§ 12.1.1) ajoute une condition sur le matériel central lui-même : privé de surveillance humaine permanente, il doit être installé dans les conditions demandées aux matériels déportés, c’est-à-dire dans un emplacement à faible potentiel calorifique ou dans un volume technique protégé. Et si un report d’alarme restreinte existe, l’article MS 66 limite sa distance : le personnel doit pouvoir « se rendre rapidement au tableau de signalisation » pour exploiter l’alarme.

Où va l’ECS et qui le surveille Où va l’ECS et qui le surveille ? Le matériel central de l’ECS est-il dans un local sous surveillance humaine pendant l’exploitation ? OUI NON Cas normal ECS regroupé avec l’US du CMSI dans l’emplacement réservé au service de sécurité (NF S 61-932, § 12.1.1) · hors public, surveillé pendant l’exploitation (MS 66) Report obligatoire TRE ou face avant déportée installé sous surveillance humaine (NF S 61-970, § 11.1) liaison CR1 surveillée, alimentation EAE (NF S 61-932, § 9.2.1) · jamais un simple TRC Dans tous les cas chaque enveloppe de l’ECS dans un volume surveillé par un détecteur · commandes au niveau d’accès 1 plan des ZD à côté · GTB séparée de l’espace SSI · UAE, télésurveillance : en supplément seulement

Schéma 3 : où va l’ECS et qui le surveille. Le local sous surveillance humaine est la règle ; à défaut, un TRE ou une face avant déportée sous surveillance, l’ECS lui-même restant dans un volume détecté.

TRE ou TRC : le report qui compte et celui qui ne compte pas

La NF S 61-970 distingue deux tableaux répétiteurs. Le tableau répétiteur d’exploitation (TRE) sert sur les sites où la surveillance humaine est assurée alternativement depuis le matériel central ou depuis le TRE ; il permet donc d’exploiter. Le tableau répétiteur de confort (TRC) « constitue exclusivement une source complémentaire d’information » et « ne doit pas être utilisé à des fins d’exploitation ». La différence n’est pas cosmétique : le TRE est relié par une liaison surveillée en câble CR1 et alimenté par un équipement d’alimentation électrique (EAE) conforme à la NF EN 54-4, ce que le TRC n’exige pas (NF S 61-932, § 9.2.1).

Deux compléments du guide de bonnes pratiques de la FFACSSI. Dans le cas général, rien n’impose de placer les matériels centraux dans un volume technique protégé (VTP) ; la fédération le déconseille même, car l’ECS est une interface homme-machine qu’il serait préjudiciable d’isoler de la personne qui l’exploite. Et dans les types J et U, où le règlement impose des tableaux répétiteurs d’alarme à chaque niveau (articles J 37 et U 45), la FFACSSI recommande que tout ou partie de ces répétiteurs soient de vrais TRE si les matériels centraux ne sont pas sous surveillance permanente.

Cas concret. Magasin de bricolage de 2e catégorie, type M, SSI de catégorie A neuf. L’ECS est installé dans le local technique attenant à la réserve, sans surveillance humaine ; le poste de l’accueil dispose d’un report lumineux « alarme feu / défaut » raccordé sur un contact sec et alimenté par une prise. À la réception technique, le coordinateur SSI relève trois écarts : le report est un TRC, pas un TRE (liaison non surveillée, pas d’EAE) ; l’ECS n’est donc surveillé par personne pendant l’exploitation ; et les étiquettes des détecteurs portent des numéros de boucle qui ne correspondent pas aux ZD du plan affiché. Résolution : pose d’un TRE en CR1 alimenté par l’EAE de l’ECS, ré-étiquetage des points selon le zonage du CCF, formation de l’équipe d’accueil à l’exploitation de l’alarme restreinte. Trois semaines de décalage, mais un avis favorable sans réserve sur le SSI.

Capacités, câblage, alimentation : les chiffres que le CCF doit fixer

Le coordinateur SSI ne dimensionne pas la détection : la FFACSSI l’a rappelé en 2021, il « définit les fonctionnalités du SSI mais ne doit pas concevoir une installation de détection en termes de dimensionnement et de conditions d’implantation des matériels ». En revanche, le cahier des charges fonctionnel fixe les règles d’architecture que l’installateur doit respecter, et la NF S 61-970 en donne les valeurs. Les voici, telles que nous les vérifions en réception.

SujetExigenceSource
Capacité d’un ECS1 024 points maximum par unité de traitement ; au-delà, l’équipement de signalisation est doublé, dans le même local ; un même EAE ne peut pas servir au traitement de plus de 1 024 pointsNF S 61-970, § 9.1
Partie ECS d’un ECS/CMSI1 024 points maximumNF S 61-970, § 9.2
Un circuit de détection128 points et 6 000 m² au plusNF S 61-970, § 7.3.2
Conséquence d’un seul défaut sur un circuitPas plus d’un type de fonction (automatique ou manuelle), de 32 points répartis sur 32 ZD au plus, d’un scénario de mise en sécurité, de 1 600 m² surveillésNF S 61-970, § 7.3.2
Câble entre l’ECS et le premier pointCatégorie CR1 (aller et retour si circuit rebouclé) ; CR1 aussi entre les enveloppes d’un ECSNF S 61-970, § 7.3.1
Zone de détection automatique1 600 m² de plancher au plus, un seul niveau — sauf cage d’escalier, atrium, gaine ou structure analogue inscrite dans une seule ZS, et sauf si le bâtiment entier fait moins de 1 600 m² —, jamais au-delà d’une ZSNF S 61-970, § 5.1
AlimentationEAE conforme NF EN 54-4 ; dérivation dédiée en C2 depuis le tableau principal ou le tableau de sécurité ; source de sécurité : 12 h de veille puis 10 min d’alarmeNF S 61-970, § 6.1 et § 6.3
Liaisons radioUn organe intermédiaire ou un ECS sans organe : 32 points radio au plus ; une défaillance radio ne fait perdre que 32 pointsNF S 61-970, § 9.3
TélésurveillanceAu minimum l’alarme feu générale transmise ; le dérangement est recommandéNF S 61-970, § 9.4
Hauteur des commandesEntre 0,70 m et 1,80 m (alimentations exclues)NF S 61-970, § 11.2 ; NF S 61-932, § 12.1.1

Un mot sur l’indépendance. Le SDI et son éventuelle UAE doivent être indépendants de toute gestion technique du bâtiment (GTB) ou centralisée (GTC). Le raccordement d’une GTB reste possible sans associativité, à condition de ne pas perturber le SDI et d’utiliser une sortie déclarée par le constructeur comme « fonction supplémentaire » (NF S 61-970, § 4.5.3 et § 4.5.4). À l’inverse, l’associativité doit être prononcée entre l’ECS et le SMSI, l’UAE et, le cas échéant, le dispositif de commande d’une extinction à gaz : le rapport d’associativité est une pièce du dossier d’identité.

Réception, dossier d’identité et vie de l’ECS

Toute installation, extension ou modification de SDI doit faire l’objet d’une réception technique, conduite en présence d’un représentant technique de l’installateur (NF S 61-970, § 4.4). Elle est précédée des essais par autocontrôle de l’installateur, dont le document de résultats est fourni au coordinateur SSI et annexé au dossier d’identité (§ 4.3). La réception elle-même comprend la vérification de la conformité au cahier des charges fonctionnel, le contrôle de l’ensemble des détecteurs à partir du listing de programmation et des plans (intitulé, ZD, adresse, localisation), un essai d’alarme feu d’un détecteur ou d’un déclencheur manuel par zone de détection, des essais de dérangement par sondage et, lorsqu’ils sont exigés, des essais d’efficacité au foyer type. Elle se conclut par le rapport de réception technique établi par le coordinateur SSI, dont nous avons détaillé le contenu dans réception d’un SSI : essais, PV et dossier.

Sur l’ECS lui-même, l’annexe A de la norme impose d’essayer, sur la source normale puis sur la source de sécurité, la surveillance de chaque circuit de détection (coupure et court-circuit au départ de l’ECS) et des autres liaisons surveillées, puis la sollicitation locale de chaque point, en vérifiant « la corrélation points/ZD ainsi que les libellés associés ».

Le dossier d’identité du SSI, constitué par le coordinateur, contient ensuite les pièces qui font vivre l’ECS : plan des faces avant de l’ECS et du CMSI, plan des zones de détection, listing de programmation, rapport d’associativité, bilan de puissance des EAE et rapport de réception technique (NF S 61-970, § 12 ; NF S 61-932, § 15). Sans listing à jour, personne ne peut vérifier que le point 17 est bien dans la ZD 02.

Puis vient l’exploitation. L’article MS 57 impose, pendant la présence du public, « un personnel permanent, qualifié, susceptible d’alerter les sapeurs-pompiers et de mettre en œuvre les moyens de lutte contre l’incendie » — installer une détection ne remplace donc pas une présence humaine capable d’agir — et la chasse aux fausses alarmes. L’article MS 58 impose la marque NF Matériel de détection d’incendie — ou toute autre certification de qualité en vigueur dans un État membre, à condition qu’elle présente des garanties équivalentes, notamment l’intervention d’une tierce partie indépendante —, une installation réalisée par des entreprises spécialisées et dûment qualifiées, et un contrat d’entretien incluant les essais fonctionnels de l’article MS 56, § 3, deuxième tiret, annexé au registre de sécurité avec la notice d’entretien. Ce sont les documents que la commission demande en premier et que nous contrôlons dans un audit de conformité d’ERP ; sur les échéances, voyez la vérification triennale du SSI.

Ce que ça implique pour vous

  • Maître d’ouvrage : faites arbitrer ECS séparé ou ECS/CMSI dans le cahier des charges fonctionnel, avant la consultation, sur la base du nombre de ZS ; prévoyez dès les plans le poste ou l’accueil qui recevra l’ECS ou son TRE, avec la surveillance humaine correspondante.
  • Architecte et maître d’œuvre : réservez un emplacement sec, hors public, à faible potentiel calorifique, avec un mur pour le plan des ZD et des commandes entre 0,70 m et 1,80 m ; séparez l’écran de GTB de l’espace SSI ; faites figurer le cheminement CR1 entre l’ECS et le premier point sur les plans d’exécution.
  • Préventionniste et exploitant : la personne présente à l’accueil sait-elle exploiter l’alarme restreinte ? Le report devant elle est-il un TRE ? Le plan des ZD est-il affiché et cohérent avec les étiquettes ? Le contrat d’entretien est-il annexé au registre ? Ce sont les quatre points qu’une commission vérifie en dix minutes.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’ECS en sécurité incendie ?

L’équipement de contrôle et de signalisation est le matériel central du système de détection incendie. Il alimente et surveille les circuits de détection, signale l’alarme feu et les dérangements, localise la zone de détection concernée et transmet l’information au centralisateur de mise en sécurité. Il doit être conforme à la norme NF EN 54-2 et installé selon la NF S 61-970.

Quelle est la différence entre l’ECS et le CMSI ?

L’ECS détecte et signale ; le CMSI commande. Le premier reçoit les détecteurs et les déclencheurs manuels, le second pilote les dispositifs actionnés de sécurité (portes, volets, désenfumage) et l’alarme d’évacuation via son UGA. Dans un SSI de catégorie A, les deux sont reliés par une liaison surveillée et regroupés dans l’emplacement réservé au service de sécurité incendie.

Un ECS/CMSI, c’est quoi et quand peut-on l’utiliser ?

C’est un ECS auquel le constructeur a ajouté au moins une fonction de mise en sécurité. La NF S 61-932 le limite à cinq zones de mise en sécurité dont une seule zone d’alarme, sans matériels déportés sur voies rebouclées ni interaction avec d’autres centrales. Il convient aux établissements simples ; au-delà, il faut un ECS et un CMSI distincts.

Où doit être installé l’ECS d’un ERP ?

Dans un emplacement non accessible au public et surveillé pendant les heures d’exploitation (article MS 66), regroupé avec l’unité de signalisation du CMSI dans l’emplacement réservé au service de sécurité incendie pour un SSI de catégorie A, dans un volume lui-même surveillé par un détecteur. Si ce local n’est pas sous surveillance humaine, un tableau répétiteur d’exploitation ou une face avant déportée doit être installé sous surveillance.

Un tableau répétiteur remplace-t-il l’ECS ?

Non. Un tableau répétiteur d’exploitation (TRE) permet d’exploiter l’alarme restreinte à distance du matériel central, à condition d’être relié par une liaison surveillée en CR1 et alimenté par un EAE ; un tableau répétiteur de confort (TRC) ne donne qu’une information complémentaire et ne peut pas servir à l’exploitation. Dans les deux cas, l’ECS reste le matériel central et doit être conservé dans un volume détecté.

Un SDI à concevoir, un ECS à remplacer, une face avant que personne ne sait lire ? ATOM II, cabinet indépendant dirigé par un coordinateur SSI certifié AFNOR Compétences, rédige le cahier des charges fonctionnel, fixe l’architecture ECS/CMSI et les reports, puis réceptionne l’installation avec les essais de l’annexe A. Faisons le point sur votre détection.

Références : articles MS 54, MS 56, MS 57, MS 58, MS 60, MS 61 et MS 66 du règlement de sécurité du 25 juin 1980 (ERP du 1er groupe), articles J 37 et U 45 ; norme NF S 61-970 « Règles d’installation des systèmes de détection incendie », § 4.3 à 4.5, 5.1, 6.1, 6.3, 7.1, 7.3.1, 7.3.2, 8, 9.1 à 9.4, 11.1 à 11.3, 12 et annexe A (paragraphes numérotés selon l’édition de février 2013 ; la norme a été rééditée en décembre 2024) ; norme NF S 61-932 de décembre 2024 (§ 3, § 8.2, § 9.2, § 12.1, § 15) ; norme NF S 61-931 (définitions, niveaux d’accès) ; normes NF EN 54-2 et NF EN 54-4 ; guide des bonnes pratiques du coordinateur SSI, FFACSSI, édition 2024 (avis des 2 octobre 2018, 1er octobre 2019, 2 avril et 2 juillet 2021).