Réunion de chantier dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées en restructuration, trois semaines avant la réception du système de sécurité incendie (SSI). Le menuisier a posé sur les portes d’escalier des blocs-portes coupe-feu livrés avec un ferme-porte à retenue électromagnétique intégrée. L’électricien, lui, a tiré ses lignes vers des ventouses murales qu’il s’apprête à fixer. La directrice demande laquelle des deux solutions est « la bonne ». L’installateur du SSI répond qu’il lui faut surtout savoir qui alimente quoi, en 24 ou en 48 volts, et si les portes doivent remonter leur position au centralisateur. Personne n’a la réponse, et le cahier des charges fonctionnel est muet sur ce point.
Cet article met à plat ce que recouvre l’expression « asservissement SSI » appliquée aux portes, la différence réelle entre un asservissement intégré et un asservissement déporté, le second sens du mot « déporté » (celui des matériels déportés du centralisateur), et ce que le coordinateur SSI doit écrire, puis vérifier, pour que la porte se ferme le jour où cela compte.
Asservissement SSI : de quoi parle-t-on ?
Asservir un équipement, c’est le placer sous la dépendance d’un ordre de mise en sécurité. Le règlement de sécurité des ERP (arrêté du 25 juin 1980) pose le cadre à l’article MS 59 : le système de mise en sécurité incendie (SMSI) est « constitué de l’ensemble des équipements qui assurent les fonctions nécessaires à la mise en sécurité d’un établissement en cas d’incendie », à partir des informations du système de détection incendie ou d’ordres manuels. Il comprend deux familles : des dispositifs actionnés de sécurité (DAS), « répartis éventuellement par zones de mise en sécurité », et les équipements nécessaires pour les commander.
Une porte résistant au feu maintenue ouverte pour l’exploitation est donc un DAS dès lors qu’elle est à fermeture automatique (article CO 47, § 1 : elle doit être conforme à la norme visant ces portes, donc à la série NF S 61-937). Ce qui la relie à l’ordre, c’est la ligne de télécommande, définie par la NF S 61-932 (décembre 2024, § 3.12) comme la ligne « assurant le transport de l’ordre de commande » en sortie d’un centralisateur de mise en sécurité incendie (CMSI) ou d’un dispositif de commande, à destination d’un ou plusieurs DAS télécommandés. En sens inverse, la ligne de contrôle (§ 3.11) remonte l’état du DAS vers le CMSI. L’asservissement, c’est ce couple ordre/contrôle, plus l’énergie qui le fait fonctionner.
Pourquoi insister sur le vocabulaire ? Parce que le mot « déporté » circule avec deux sens différents sur un chantier : côté quincaillerie, une ventouse déportée par opposition à une retenue intégrée au ferme-porte ; côté SSI, un matériel déporté du CMSI par opposition à son matériel central. Les deux questions se posent sur la même porte, mais elles ne relèvent pas des mêmes lots ni des mêmes paragraphes de norme.
Intégré ou déporté : deux façons de retenir une porte ouverte
Pour qu’une porte coupe-feu reste ouverte en exploitation et se referme sur ordre, il faut un organe de retenue électromagnétique que l’on coupe au moment voulu. Il existe deux montages.
L’asservissement intégré
La retenue est logée dans le ferme-porte lui-même : bras ou glissière à arrêt électromagnétique, ou pivot de linteau pour les portes va-et-vient. Tant que la bobine est alimentée, le bras reste bloqué à l’angle d’ouverture choisi ; à la coupure, le ferme-porte reprend la main et referme le vantail. Avantages : aucun élément sur le mur, une porte qui peut être retenue à un angle quelconque, un seul produit à faire certifier avec le bloc-porte. Contraintes : le ferme-porte et la porte doivent avoir été essayés ensemble (on y revient plus bas), et l’alimentation passe nécessairement par l’huisserie ou le vantail.
L’asservissement déporté
La retenue est une ventouse fixée sur le mur ou au sol, en vis-à-vis d’une contre-plaque vissée sur le vantail. La porte est « plaquée » ouverte à l’angle où se trouve la ventouse, généralement contre le mur ; un ferme-porte standard assure la fermeture après relâchement. Avantages : montage simple sur une porte existante, pas d’intervention sur le ferme-porte, coût modéré, câblage côté maçonnerie. Contraintes : il faut une paroi en face du vantail ouvert, la contre-plaque rapportée sur une porte coupe-feu pose une question de conformité de la quincaillerie, et l’esthétique est moins discrète.
Vue en plan des deux montages : retenue intégrée au ferme-porte (A) ou ventouse murale déportée (B). Dans les deux cas, la porte à fermeture automatique est le DAS ; la ligne de télécommande est à rupture de courant.
Le choix n’est pas qu’une affaire de goût. Il engage la conformité du DAS. Sur le sujet des verrous ou dispositifs rapportés sur une porte DAS, la Fédération française des coordinateurs SSI (FFACSSI, avis du 5 février 2019 rendu avec le CNPP) recommande de demander au constructeur le procès-verbal de conformité à la NF S 61-937 de la porte et le procès-verbal de résistance au feu couvrant la quincaillerie : c’est ce qui permet de s’assurer à la fois de la conformité DAS et de la possibilité de monter l’accessoire sans dégrader le degré de résistance au feu. Et pour l’ajout d’une ventouse conforme NF EN 1155 sur une porte coupe-feu existante, la position retenue en réunion GESI/GIF/FFACSSI (guide 2024, § 6.1) est sans ambiguïté : contrôle sur site obligatoire, type avis de chantier, les non-conformités du rapport étant à lever par l’entreprise.
En pratique, nous recommandons de trancher le montage dès la phase de conception, dans le cahier des charges fonctionnel (CCF), et de le faire figurer dans les pièces écrites du lot menuiserie comme du lot courant faible. C’est exactement le type de point que l’on retrouve en réserve à la réception quand il a été laissé « à la charge de l’entreprise ». Le coordinateur SSI est l’interlocuteur naturel pour arbitrer, car il connaît les deux côtés : la porte et le centralisateur.
L’autre « déporté » : les matériels déportés du CMSI
Dans un SSI de catégorie A ou B, l’ordre ne part pas toujours du matériel central. La NF S 61-932 définit le matériel déporté d’un CMSI (§ 3.17) comme un matériel du centralisateur « ne faisant pas partie du matériel central et relié à celui-ci au moyen de voies de transmission ». Concrètement, c’est le coffret qui, à l’étage ou dans la gaine technique, reçoit l’ordre par la voie de transmission et l’applique aux DAS de sa zone de mise en sécurité (ZS) par des lignes de télécommande courtes. Cette architecture évite de tirer une ligne par DAS depuis le poste de sécurité.
Elle obéit à des règles précises, toutes guidées par un principe : un incendie dans une ZS ne doit pas priver une autre ZS de sa mise en sécurité (§ 8.3). D’où les exigences de la norme :
- les voies de transmission sont en câble de catégorie CR1, sauf pour la seule gestion des issues de secours (C2 minimum) ; un défaut sur une voie ne doit pas faire perdre « plus d’un seul type de fonction dans plus d’une seule ZS », exception faite des DAS communs (§ 8.3.1) ;
- une voie unique non rebouclée ne gère pas plus de 32 DAS commandés par émission de courant ; une voie rebouclée ou redondante pas plus de 1 024 dispositifs commandés terminaux (DCT), dont 512 DAS au maximum (§ 8.3.1) ;
- un matériel déporté implanté hors des zones qu’il dessert doit être placé dans un volume technique protégé (VTP) ; placé dans un placard ou une gaine ouvrant sur la ZS desservie, il est réputé implanté dans cette ZS (§ 8.3.2.1) ; la topologie de la voie (distincte, rebouclée, unique) ajoute ses propres conditions (§ 8.3.2.3) ;
- au-delà, le CMSI lui-même est plafonné à 256 fonctions de mise en sécurité et 2 048 DCT dont 1 024 DAS (§ 8.2) : sur un grand site, cela conduit à plusieurs centralisateurs.
La chaîne de commande d’un DAS dans un SSI de catégorie A ou B, avec les garde-fous de la NF S 61-932 sur les voies de transmission, les lignes de télécommande et les dispositifs adaptateurs de commande.
Le découpage en zones de mise en sécurité et l’implantation des matériels déportés vont donc de pair : c’est au stade du concept de mise en sécurité qu’on décide si un coffret dessert une seule ZS (et peut y rester sans VTP) ou plusieurs (et doit être protégé). Le changer après coup, c’est reprendre du câble CR1 et des cheminements protégés.
Émission ou rupture de courant : ce que cela change pour une porte
Une ligne de télécommande fonctionne de deux manières. Par rupture de courant : le DAS est alimenté en permanence et c’est la coupure qui le met en sécurité (la ventouse lâche, la porte se ferme). Par émission de courant : c’est l’envoi d’énergie qui déclenche l’action. La rupture est dite à sécurité positive, puisqu’une coupure accidentelle ferme la porte ; mais c’est précisément ce qui la limite. La NF S 61-932 (§ 9.3.1) n’admet la télécommande par rupture que pour les DAS « dont un fonctionnement intempestif ne peut entraîner un défaut de mise en sécurité du bâtiment ». Une porte coupe-feu qui se ferme sans raison gêne l’exploitation, elle ne dégrade pas la sécurité : la rupture lui convient. Un ventilateur de désenfumage ou un volet qui s’ouvrirait intempestivement, c’est une autre histoire.
Ce choix se lit jusque dans le câble. Les lignes par rupture doivent être au minimum de catégorie C2 ; les lignes par émission et les lignes de contrôle doivent être en CR1, ou en C2 sous cheminement technique protégé, avec tolérance du C2 nu dès qu’elles pénètrent dans la ZS des DAS desservis (§ 7.1). La surveillance des lignes à émission et de contrôle est obligatoire ; la norme l’allège seulement pour une liaison de moins de 3 m, facilement visitable, dans le même volume que le matériel déporté et le DAS, et protégée contre les chocs (§ 7.1). Un défaut de ligne ne doit pas faire perdre plus de 32 DAS à émission.
Pour les portes, la rupture est aussi la voie imposée quand l’ordre ne vient pas d’un CMSI. Dans les SSI de catégories D et E, la NF S 61-931 (§ 6.8, citée par le guide FFACSSI 2024) ne permet le déclenchement de DAS par l’équipement d’alarme que par ouverture de contacts libres de tout potentiel intercalés sur un circuit de télécommande par rupture de courant, le cas échéant via un dispositif adaptateur de commande (DAC). Et le règlement borne le périmètre : « les seuls dispositifs actionnés de sécurité pouvant être télécommandés par l’alarme d’un système de sécurité incendie de catégorie D ou E sont les portes résistant au feu à fermeture automatique (au sens de l’article CO 47) et le déverrouillage des portes d’issue de secours » (article MS 60, § 3). Lorsqu’un DAC s’intercale, la norme n’en autorise pas plus de deux entre l’émetteur d’ordre et le DAS, et fixe les règles de mixité : un DAS à émission impose une ligne intégralement à émission ; un DAS à rupture tolère la mixité, sans jamais qu’un tronçon à rupture précède un tronçon à émission (§ 9.1.1).
Deux rappels réglementaires complètent le tableau. Quand le règlement prévoit que la détection déclenche les DAS (SSI de catégorie A), ce déclenchement s’effectue sans temporisation (MS 60, § 1). Et la fermeture simultanée des portes à fermeture automatique de tout le bâtiment doit être asservie à la détection automatique lorsque l’établissement comporte des locaux à sommeil au-dessus du premier étage, lorsqu’il existe des portes d’isolement à fermeture automatique au sens de l’article CO 10, ou lorsque les dispositions particulières l’imposent (CO 47, § 4). Notre établissement d’hébergement de l’accroche coche la première case : ses portes d’escalier sont des DAS asservis à la détection, quel que soit le montage retenu.
Contrôle de position, DAS communs et associativité : ce qu’il faut déclarer
Faut-il remonter la position de la porte ?
Pas toujours. La NF S 61-932 admet sur une même ligne de télécommande des DAS avec ou sans contrôle de position (§ 9.3.1), et précise que les options de sécurité des DAS « doivent être précisées dans le cahier des charges fonctionnel ». Le report de position de sécurité devient obligatoire pour les portes et rideaux à fermeture automatique mis en œuvre comme DAS communs à plusieurs zones de compartimentage (§ 9.3.2.1) ; la norme en tire une conséquence directe : ces DAS ne peuvent être mis en œuvre que dans des SSI permettant le contrôle des positions de sécurité, c’est-à-dire des catégories A, B ou C. Une porte de recoupement qui sépare deux zones de désenfumage à l’intérieur d’une même zone de compartimentage n’est pas un DAS commun (note du même paragraphe).
La FFACSSI a précisé le sens pratique de cette règle (avis du 14 avril 2017) : pour le compartimentage, seul le contrôle de la périphérie compte ; le passage du public, du personnel et des secours, ainsi que la dépression créée par le désenfumage mécanique, rendent la position de sécurité des portes difficile à obtenir, et il n’est pas nécessaire d’étendre le contrôle à l’ensemble des portes ni d’imposer une homogénéité. Pour le désenfumage en revanche, si un DAS d’une zone de désenfumage est contrôlé en position de sécurité, tous les DAS de cette zone doivent l’être. Le même comité a confirmé (7 janvier 2022) que des portes d’escalier à fermeture automatique communes à deux zones de compartimentage sont nécessairement des DAS communs. Concrètement, un ferme-porte à retenue intégrée et une ventouse déportée peuvent l’un comme l’autre être livrés avec ou sans contact de position : c’est au CCF de dire lequel on attend, porte par porte.
L’associativité : la preuve que le DAS et le CMSI se comprennent
La NF S 61-932 définit l’associativité (§ 3.1) comme la « capacité préalablement établie de plusieurs composants à fonctionner ensemble tout en restant chacun conforme à leur norme respective ». La FFACSSI en tire la règle de terrain (guide 2024) : tout équipement connecté à un CMSI doit apparaître dans le rapport d’associativité de celui-ci, la plupart des rapports ouvrant l’associativité à tout DAS conforme à la NF S 61-937. La Fédération a pris position dans le même sens pour les ouvrants de désenfumage : un produit marqué CE selon sa norme européenne mais sans procès-verbal NF S 61-937 ne peut pas être connecté à un CMSI « en l’absence de garantie sur la compatibilité fonctionnelle », et la logique est transposable à un organe de retenue de porte. Pour le raccordement d’un équipement existant à un CMSI, la Fédération (avis du 19 septembre 2018) considère que si le fonctionnement mécanique, les contrôles de position, la tension d’utilisation et le mode de commande (émission ou rupture) sont satisfaisants, aucune preuve d’associativité supplémentaire n’est à exiger.
Tout cela converge vers un seul document : le cahier des charges fonctionnel du coordinateur SSI, qui doit contenir, selon la NF S 61-931 (§ 5.3.2.1), la définition des modes de fonctionnement des DCT, des options de sécurité des DAS et des réarmements. Le montage intégré ou déporté, la tension, le mode émission/rupture, le contrôle de position : tout s’y déclare.
Réception : les essais qui révèlent le mauvais choix
À la réception technique du SSI, les portes asservies sont parmi les DAS les plus sollicités, et ceux qui réservent le plus de surprises. Les points que nous vérifions systématiquement :
- La fermeture complète, porte par porte, depuis la position de retenue réelle : un ferme-porte à retenue intégrée mal réglé laisse le vantail à dix centimètres du dormant ; une ventouse déportée dont la contre-plaque est désaxée ne retient pas, ou lâche mal.
- La corrélation : la porte se ferme sur la bonne zone de détection, et seulement sur elle ; les DAS communs se ferment sur l’une ou l’autre des ZS contiguës.
- La signalisation : la plaque « Porte coupe-feu. Ne mettez pas d’obstacle à la fermeture », en lettres blanches sur fond rouge ou l’inverse, sur la face apparente en position d’ouverture (CO 47, § 2) ; et, si le contrôle de position a été retenu, la remontée effective de l’état sur l’unité de signalisation.
- Les justificatifs : PV en cours de validité d’un laboratoire agréé pour les mécanismes de commande et marque NF pour les portes résistant au feu et clapets télécommandés (MS 60, § 4), rapport d’associativité du CMSI, PV NF S 61-937 des portes, notice de réarmement.
- Le comportement sous désenfumage mécanique : une porte de recoupement peut rester entrouverte par la dépression ; c’est l’une des raisons pour lesquelles la FFACSSI ne généralise pas le contrôle de position, mais cela se constate à l’essai.
Le tableau ci-dessous résume les critères de choix et les points de vigilance communs aux deux montages.
| Critère | Asservissement intégré (retenue dans le ferme-porte) | Asservissement déporté (ventouse murale + contre-plaque) |
|---|---|---|
| Où est la retenue | Dans le bras ou la glissière du ferme-porte, ou dans le pivot de linteau | Sur le mur ou au sol, en face du vantail ouvert |
| Angle de retenue | Réglable, sans paroi nécessaire | Imposé par la position de la ventouse (souvent contre le mur) |
| Cas favorable | Neuf, bloc-porte livré asservi, esthétique soignée | Existant, rénovation, paroi disponible, budget contraint |
| Conformité à prouver | PV NF S 61-937 du bloc-porte avec son ferme-porte | PV NF S 61-937 de la porte + justificatif de la quincaillerie rapportée ; contrôle sur site si ajout sur porte existante |
| Mode de commande | Rupture de courant, ligne C2 minimum (NF S 61-932, § 7.1 et § 9.3.1) ; via CMSI, matériel déporté, contact auxiliaire ou DAC selon la catégorie de SSI | |
| Contrôle de position | Option à déclarer au CCF ; obligatoire en position de sécurité pour les portes DAS communs à plusieurs ZC (§ 9.3.2.1) | |
| Associativité | DAS conforme NF S 61-937 et présent au rapport d’associativité du CMSI | |
Ce que ça implique pour vous
- Maître d’ouvrage : exigez que le montage des portes asservies (intégré ou déporté), la tension et le contrôle de position soient tranchés au CCF, puis répercutés dans les CCTP des lots menuiserie et courant faible. Un arbitrage tardif se paie en reprises et en réserves à la réception. Sur l’existant, aucune ventouse ne se pose sans justificatif de la porte et, le cas échéant, contrôle sur site.
- Architecte et maître d’œuvre : l’asservissement intégré libère les murs mais suppose un bloc-porte essayé avec son ferme-porte ; le déporté suppose une paroi en vis-à-vis et un passage de câble côté maçonnerie. Anticipez l’implantation des matériels déportés du CMSI dans les gaines techniques : hors de la ZS desservie, ils réclament un volume technique protégé.
- Préventionniste et exploitant : en visite, les questions utiles sont simples. Ces portes sont-elles des DAS communs à deux ZC ? Leur position de sécurité est-elle remontée ? Figurent-elles au rapport d’associativité ? Le registre et le dossier d’identité du SSI doivent y répondre sans chercher. Pour l’entretien courant, un rappel des exigences propres aux portes coupe-feu complète utilement cet article.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un asservissement intégré et un asservissement déporté ?
Dans les deux cas, une porte coupe-feu est retenue ouverte par un électroaimant et se referme quand l’alimentation est coupée. Avec un asservissement intégré, la retenue est dans le ferme-porte (bras ou glissière à arrêt électromagnétique, pivot de linteau). Avec un asservissement déporté, la retenue est une ventouse fixée au mur ou au sol, face à une contre-plaque vissée sur le vantail. Le DAS reste la porte à fermeture automatique, conforme à la NF S 61-937 ; seul l’organe de retenue change de place.
Qu’est-ce qu’un asservissement en sécurité incendie ?
C’est le fait de placer un équipement sous la commande du système de mise en sécurité incendie : sur information de la détection ou sur ordre manuel, le CMSI ou un dispositif de commande envoie un ordre par une ligne de télécommande au dispositif actionné de sécurité (porte, clapet, volet, ventilateur, verrouillage d’issue), qui passe en position de sécurité. Une ligne de contrôle peut en retour signaler la position du DAS (article MS 59 du règlement ERP, NF S 61-932, § 3.11 et 3.12).
Une porte coupe-feu à ventouse est-elle commandée par émission ou par rupture de courant ?
Par rupture de courant : la ventouse est alimentée en permanence et la coupure libère la porte. La NF S 61-932 réserve la rupture aux DAS dont un fonctionnement intempestif ne compromet pas la mise en sécurité, ce qui est le cas d’une porte qui se ferme. La ligne doit alors être au minimum de catégorie C2. En SSI de catégorie D ou E, c’est même le seul mode admis pour déclencher ces portes depuis l’équipement d’alarme.
Qu’est-ce qu’un matériel déporté de CMSI ?
C’est un élément du centralisateur de mise en sécurité incendie qui ne fait pas partie du matériel central et lui est relié par une voie de transmission (NF S 61-932, § 3.17). Il reçoit l’ordre et commande localement les DAS de sa zone de mise en sécurité. Implanté hors des zones qu’il dessert, il doit être placé dans un volume technique protégé ; la voie de transmission est en câble CR1 et un défaut ne doit pas faire perdre plus d’un type de fonction dans plus d’une ZS.
Faut-il une preuve d’associativité pour raccorder une ventouse à un CMSI ?
Oui, dans le principe : tout équipement connecté à un CMSI doit figurer dans son rapport d’associativité, et la plupart des rapports couvrent tout DAS conforme à la NF S 61-937. Une ventouse ou un ferme-porte qui ne disposent que d’une certification produit européenne, sans PV NF S 61-937 pour la porte asservie, ne peuvent pas être raccordés sans garantie de compatibilité. Pour un équipement existant, la FFACSSI admet de ne pas exiger de preuve supplémentaire si la mécanique, les contrôles de position, la tension et le mode de commande sont satisfaisants.
Références : articles CO 10, CO 46, CO 47, MS 59 et MS 60 du règlement de sécurité contre l’incendie dans les ERP (arrêté du 25 juin 1980) ; norme NF S 61-932 (décembre 2024), § 3.1, 3.11, 3.12, 3.17, 7.1, 8.2, 8.3, 9.1.1, 9.3.1 et 9.3.2.1 ; norme NF S 61-931 (§ 5.3.2.1 et 6.8) ; série NF S 61-937 ; NF EN 1155 ; Guide des bonnes pratiques du coordinateur SSI, FFACSSI, 2024 (avis des 14/04/2017, 19/09/2018, 05/02/2019, 03/12/2019 et 07/01/2022).
