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NF EN 14972-1 : Systèmes à brouillard d’eau

La norme européenne qui encadre la conception, l’installation, l’inspection et la maintenance des systèmes fixes à brouillard d’eau, une alternative ciblée au sprinkler classique.

Carte d’identité

Référence

NF EN 14972-1 (indice de classement S 62-235-1, ICS 13.220.10) ; version française de l’EN 14972-1:2020

Date

Décembre 2020, homologuée en janvier 2021 ; adoptée par le CEN le 11 octobre 2020

Statut

Norme européenne pleine et entière ; remplace la spécification technique expérimentale XP CEN/TS 14972 d’août 2011

Domaine

Conception, installation, inspection et maintenance de tous les systèmes fixes à brouillard d’eau terrestres, à buses automatiques ou de type déluge, à pompes ou autonomes

Textes liés

Série EN 14972 parties 2 à 17 (protocoles d’essai au feu par application), EN 12845 (sprinkleurs), série EN 54, EN 12094, EN 15004-1

À quoi sert cette norme

Le brouillard d’eau lutte contre le feu autrement qu’un sprinkleur : ses gouttelettes très fines absorbent la chaleur, appauvrissent localement l’air en oxygène par évaporation, font écran au rayonnement et humidifient les combustibles. Résultat : une efficacité obtenue avec nettement moins d’eau, mais fortement dépendante de la géométrie du local, de la ventilation et du type de feu. C’est pourquoi l’Europe a longtemps hésité à normaliser cette technologie : jusqu’en 2020, seule une spécification technique expérimentale existait. La NF EN 14972-1 en fait désormais une norme complète : elle fixe les exigences de conception, d’installation, de réception et de maintenance, et surtout elle verrouille le principe fondateur de la technologie : un système à brouillard d’eau n’est valable que pour les applications où il a fait ses preuves lors d’essais au feu grandeur nature (art. 4.1).

Points clés

  • Pas d’essai, pas de système. La conception doit s’appuyer sur les protocoles d’essai au feu de la série EN 14972 (parties 2 à 17 : zones commerciales, bureaux et hôtels, garages, faux planchers, galeries de câbles, friteuses, turbines…) ; hors protocole existant, des essais spécifiques doivent être menés selon les lignes directrices de l’annexe A (art. 4.1.3).
  • Le manuel CIFM fait loi. Chaque fabricant doit fournir un manuel de conception, d’installation, de fonctionnement et de maintenance listant les paramètres opposables : pressions et débits des buses, hauteurs et volumes limites, espacements, obstacles, détection associée (art. 4.2). La conception, l’installation et l’audit du système se vérifient contre ce document.
  • Deux grandes familles. Systèmes à buses automatiques (déclenchement thermique buse par buse, logique proche du sprinkleur) et systèmes déluge à buses ouvertes, qui exigent une détection et une alarme incendie dédiées plus un déclenchement manuel par zone (art. 4.8 et 4.9).
  • Dimensionnement hydraulique complet. Calculs validés (type Darcy-Weisbach) sur la surface impliquée la plus défavorable et la plus favorable hydrauliquement, alimentation vérifiée au niveau d’eau bas et à la pression minimale du réseau (art. 4.9.4 et 4.12, annexe B).
  • Des durées de fonctionnement imposées. L’alimentation doit tenir la durée exigée par l’affectation : par exemple 60 minutes pour bureaux, hôtels, hôpitaux, commerces ou parkings fermés, 30 minutes pour les immeubles d’habitation jusqu’à 18 m, 10 minutes minimum en règle générale pour les autres systèmes (art. 4.13.5, tableaux 3 et 4).
  • Alimentation en eau qualifiée. Quatre sources admises : réseau public, réservoir sous pression, réservoir gravitaire, ou réservoirs associés à des pompes automatiques, avec exigences renforcées de disponibilité et de qualité d’eau, sans matières en suspension (art. 4.13.6 et 4.13.7).
  • Réception exigeante. Épreuve hydraulique à 1,5 fois la pression maximale de service pendant au moins 2 heures, contrôle complet des fonctions et de chaque détecteur, essai de décharge ou validation débit/pression, puis attestation d’achèvement remise à l’utilisateur (art. 8).
  • Maintenance et compétence codifiées. Programme de contrôles de routine allant de l’hebdomadaire au décennal (art. 9), et obligation pour les sociétés qui conçoivent, installent ou maintiennent d’être formées par le fabricant du système (art. 4.1.2).

Ce que ça implique pour votre projet

Le brouillard d’eau est pertinent quand l’eau est comptée : réserves et réseaux limités, locaux sensibles aux dégâts des eaux (patrimoine, informatique, archives), locaux techniques, galeries de câbles, cuisines et friteuses, machines, ou bâtiments existants où créer une réserve sprinkleur et ses volumes techniques serait rédhibitoire. À l’inverse, ce n’est pas un produit « catalogue » : là où le sprinkleur EN 12845 offre des règles de dimensionnement forfaitaires par classes de risque applicables presque partout, le brouillard d’eau reste une solution d’application spécifique, qui doit être éprouvée pour chaque application (art. 4.7.3) : si votre local sort des volumes, hauteurs ou charges calorifiques testés, le système n’est tout simplement pas démontré.

Côté assurance, le sprinkleur conserve la préférence des référentiels historiques du marché français ; un projet brouillard d’eau doit donc être validé en amont avec votre assureur, sur la base du protocole d’essai correspondant à l’affectation réelle et du manuel CIFM. En réception, trois points de vigilance pour la maîtrise d’ouvrage : la correspondance exacte entre le risque réel et le protocole d’essai revendiqué (géométrie, ventilation, obstacles), la tenue de la durée de fonctionnement par l’alimentation en eau, et la complétude documentaire (attestation d’achèvement, dossier « tel que construit », programmes d’inspection et de maintenance remis à l’exploitant, art. 8.4). Enfin, la norme précise qu’elle ne traite pas des exigences légales nationales, qui prévalent (art. 1) : en France, le règlement de sécurité et l’avis des commissions restent premiers.

Articulation avec les autres textes

La partie 1 est le socle ; les parties 2 à 17 de l’EN 14972 fournissent les protocoles d’essai au feu par application. Face à elle, l’EN 12845 reste la référence du sprinkleur traditionnel : les deux normes couvrent des logiques différentes, dimensionnement forfaitaire d’un côté, preuve par l’essai de l’autre. Pour le déclenchement des systèmes déluge, la norme s’appuie sur la détection incendie de la série EN 54 (art. 4.11) ; en France, cette détection s’installe selon la NF S 61-970 et ses reprises d’information vers le SSI se coordonnent au titre des NF S 61-931 et NF S 61-932, un point que le coordinateur SSI doit cadrer dès le concept. Les composants communs avec l’extinction gaz relèvent de l’EN 12094, et les systèmes utilisant un gaz de fonctionnement renvoient à l’EN 15004-1 (art. 4.3). Retrouvez nos autres synthèses dans l’encyclopédie des normes SSI, dont la fiche NF S 61-942 du même dossier.

Bon à savoir : cette page est une synthèse rédigée par nos soins à des fins d’information. Elle ne reproduit pas le texte de la norme, protégé par le droit d’auteur, et ne s’y substitue pas : pour toute application contractuelle ou réglementaire, référez-vous au document officiel AFNOR, à votre assureur et à l’analyse d’un préventionniste ou coordinateur SSI.

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