NF S 61-970 : Règles d’installation des SDI
La norme de référence pour installer un Système de Détection Incendie en France : découpage en zones, implantation des détecteurs, alimentation, réception technique et dossier d’identité.
Carte d’identité
NF S 61-970 (indice de classement S 61-970, ICS 13.220.20)
9 février 2013 ; remplace l’édition de juillet 2007 et ses amendements A1 (2009) et A2 (2010)
Norme française homologuée, en vigueur
Règles d’installation des matériels et liaisons (filaires ou radioélectriques) des Systèmes de Détection Incendie, y compris les informations vers extinction automatique et SMSI
NF S 61-931, NF S 61-932, NF S 61-940, NF S 61-950, série NF EN 54, NF C 32-070
À quoi sert cette norme
La série NF EN 54 définit les produits d’un système de détection incendie (détecteurs, ECS, alimentations…), mais elle ne dit pas comment les installer dans un bâtiment français. C’est le rôle de la NF S 61-970 : elle fixe les règles de mise en œuvre du SDI, du découpage du bâtiment en zones de détection jusqu’à la réception technique, en passant par le positionnement précis de chaque détecteur et déclencheur manuel. Elle encadre aussi l’usage du SDI comme source d’information pour des dispositifs auxiliaires : extinction automatique, système de mise en sécurité incendie, supervision technique. L’installation des autres fonctions du SSI relève, elle, de la NF S 61-932 (art. 1).
Points clés
- Zones de détection cadrées. Une zone de détection automatique ne doit pas dépasser 1 600 m² de plancher, ne peut pas s’étendre au-delà d’une zone de mise en sécurité et reste limitée à un seul niveau, sauf cas particuliers (escaliers, atriums, gaines d’ascenseur) (art. 5.1). Les zones de déclencheurs manuels sont identifiées séparément des zones de détection automatique.
- Trois niveaux de surveillance. Totale, partielle ou locale (art. 5.2), avec une liste de volumes pouvant être exemptés de détection : sanitaires sans stockage, gaines incombustibles de moins de 2 m², espaces cachés de moins de 0,80 m, locaux protégés par extinction automatique et isolés coupe-feu, sous conditions (art. 5.2.6).
- Des surfaces de couverture chiffrées. Chaque détecteur ponctuel se voit attribuer une surface maximale surveillée « A.max » selon la surface du local, la hauteur et la pente du plafond (par exemple 60 à 80 m² pour un détecteur de fumée sous plafond faiblement incliné), modulée par un facteur d’activité K : 1 en circulation et bureaux, 0,3 en locaux à sommeil, 0,6 ailleurs (art. 11.5.2, tableaux 2 à 4).
- Une implantation millimétrée. Distance minimale de 0,5 m aux murs, demi-sphère de dégagement de 0,5 m autour d’un détecteur de fumée (1 m pour la chaleur), traitement des poutres, retombées, alvéoles, plafonds perforés et toitures inclinées, détecteurs de gaine dès que le renouvellement d’air dépasse huit volumes par heure (art. 11.5.2).
- Déclencheurs manuels normalisés. Implantés à chaque niveau, à proximité immédiate des escaliers et des sorties, entre 0,90 m et 1,30 m du sol, visibles, avec une saillie limitée à 0,10 m (art. 11.6).
- Alimentation dédiée et protégée. Dérivation issue directement du tableau principal ou du tableau de sécurité, sélectivement protégée, réservée au SSI, en câble catégorie C2, avec un équipement d’alimentation électrique conforme à la NF EN 54-4 placé en zone surveillée ou en volume technique protégé (art. 6.1).
- Indépendance et reprises d’information. Le SDI doit rester indépendant des GTB/GTC (art. 4.5.3) ; la reprise d’informations extérieures (sprinkleur, détection gaz, alarmes techniques) obéit à des règles précises de surveillance des liaisons (art. 4.5.1).
- Réception technique formalisée. Essais par autocontrôle de l’installateur, puis réception avec essais fonctionnels d’un détecteur ou déclencheur par zone, essais de dérangement par sondage, essais d’efficacité le cas échéant, et rapport de réception établi par le coordinateur SSI (art. 4.3 et 4.4, annexe A).
Ce que ça implique pour votre projet
Pour un maître d’ouvrage ou un exploitant, cette norme a deux conséquences très concrètes. D’abord, le nombre et la position des détecteurs ne se négocient pas au devis : ils découlent mécaniquement des tableaux de couverture et des règles d’implantation. Un plafond à retombées, un local haut, une ventilation soutenue ou un plafond perforé peuvent faire varier sensiblement le chiffrage ; mieux vaut le savoir en phase de conception qu’en fin de chantier. Ensuite, toute installation, y compris une simple extension ou modification, doit faire l’objet d’une réception technique (art. 4.4) : essais à l’appui, en présence de l’installateur, avec un rapport du coordinateur SSI. C’est ce rapport, avec le dossier d’identité du SSI (art. 12) qui recense plans de zones, listings de programmation, corrélations entre zones de détection et zones de mise en sécurité, certificats et rapport d’associativité, que la commission de sécurité et vos assureurs vous demanderont. Un dossier d’identité tenu à jour est aussi votre meilleure protection lors des travaux preneurs ou des réaménagements successifs d’un site.
Articulation avec les autres textes
La NF S 61-970 est l’un des trois piliers normatifs du SSI français : la NF S 61-931 pose les dispositions générales et le principe de coordination, la NF S 61-932 couvre l’installation du système de mise en sécurité, et la 970 traite la détection. Le dossier d’identité qu’elle décrit est d’ailleurs commun avec celui de la 932 (art. 12). Elle s’appuie sur la série NF EN 54 pour les matériels, la NF S 61-940 pour les alimentations de sécurité et la NF C 32-070 pour les catégories de câbles. Enfin, la récente NF S 61-942 (alarme menace) y renvoie pour le raccordement des boîtiers menace, traités comme des points du SDI. Retrouvez toutes nos fiches dans l’encyclopédie des normes SSI.
Un SDI à concevoir, modifier ou réceptionner ?
Notre cabinet de coordination SSI établit le cahier des charges fonctionnel, suit l’installation et conduit la réception technique conformément à la NF S 61-970.
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