Ressources · Fiches pratiques

Vérifications techniques obligatoires en ERP

Qui vérifie quoi, à quelle fréquence, et avec quelles preuves ? Le point sur le système des vérifications réglementaires imposées aux établissements recevant du public.

Pourquoi ces vérifications ?

Un ERP n’est pas seulement conforme le jour de son ouverture : il doit le rester pendant toute son exploitation. Le règlement de sécurité organise cette exigence à travers les articles GE 6 à GE 10, qui posent le principe des vérifications techniques (prévues par l’article R. 123-43 du code de la construction et de l’habitation). Deux temps se distinguent : les vérifications à l’occasion de travaux, à la construction ou après aménagement, et les vérifications périodiques, tout au long de la vie du bâtiment.

La responsabilité de faire réaliser ces vérifications, d’en conserver les rapports et d’y donner suite pèse sur l’exploitant. En pratique, ces rapports sont directement opposables : la commission de sécurité les réclame à chaque visite, et leur absence ou leur péremption suffit à motiver un avis défavorable. Anticiper les vérifications, c’est donc sécuriser autant l’exploitation que le passage en commission.

Technicien compétent ou organisme agréé : qui fait quoi

Le règlement distingue deux catégories de vérificateurs (art. GE 6, § 1). Le choix n’est pas libre : il dépend de la nature de l’opération et de l’installation concernée.

Organisme agréé

Agréé par le ministre de l’intérieur, il intervient obligatoirement dans les ERP de 1re à 4e catégorie pour tous les travaux soumis à permis de construire ou à autorisation, chaque fois que le règlement l’impose, et sur prescription de l’administration en cas de non-conformité grave (art. GE 7). Ses vérifications aux travaux donnent lieu à un rapport de vérifications réglementaires après travaux, le RVRAT (art. GE 8, § 1).

Technicien compétent

Lorsque le règlement le permet, les vérifications peuvent être confiées à un technicien compétent, sous la responsabilité de l’exploitant (art. GE 10). La date, le nom du vérificateur et l’objet des vérifications sont alors inscrits au registre de sécurité, auquel est annexé un relevé mentionnant l’état de bon fonctionnement et d’entretien des installations vérifiées.

Les vérifications en exploitation font, elles, l’objet d’un rapport de vérifications réglementaires en exploitation (RVRE), et celles réalisées sur mise en demeure d’un rapport dédié (RVRMD) dont la commission précise l’objet et le référentiel (art. GE 8, § 2 et § 3).

Tableau récapitulatif des périodicités

Les fréquences ci-dessous ressortent directement du règlement de sécurité (arrêté du 25 juin 1980 modifié). Elles sont indicatives : des dispositions particulières à certains types d’établissements peuvent les renforcer, et un contrat d’entretien peut prévoir des interventions plus fréquentes.

InstallationQui vérifieFréquence indicativeRéférence
Installations électriques et éclairage Technicien compétent (périodique) ; organisme agréé aux travaux Vérification périodique annuelle EL 19 · GE 7/8/10
Éclairage de sécurité Exploitant (contrôles courants) ; technicien compétent (vérification) Contrôle du fonctionnement une fois par mois, de l’autonomie tous les six mois ; vérification annuelle EC 14 · EC 15
Désenfumage Technicien compétent ; organisme agréé si SSI de catégorie A ou B Annuelle ; triennale par organisme agréé pour un désenfumage mécanique associé à un SSI A ou B DF 10
SSI et équipement d’alarme Technicien compétent ou installateur (entretien) ; organisme agréé pour les SSI A et B Contrôle exploitant au moins hebdomadaire ; vérification annuelle ; triennale par organisme agréé pour les SSI A et B MS 68 · MS 69 · MS 73
Moyens d’extinction, RIA, extincteurs Technicien compétent Avant mise en service ; puis au moins une fois par an MS 73
Extinction automatique type sprinkleur Organisme (ou personne) agréé Avant mise en service ; vérification annuelle ; vérification triennale par organisme agréé MS 73 (§ 1, 2, 4)
Ascenseurs Organisme agréé Tous les cinq ans, et avant remise en service après transformation importante AS 9
Escaliers mécaniques et trottoirs roulants Personne ou organisme agréé ; entreprise d’entretien Examen annuel ; examen des chaînes et crémaillères à mi-période AS 10
Installations de gaz Technicien compétent (organisme agréé aux travaux) Vérification périodique annuelle GZ 30 · GZ 29
Chauffage, ventilation, climatisation Technicien compétent (organisme agréé aux travaux) Vérification périodique annuelle ; ramonage des conduits une fois par an CH 58 · CH 57

Note de lecture : pour le gaz et le chauffage, le règlement renvoie aux conditions générales de vérification (GE 6 à GE 10) sans imposer systématiquement l’organisme agréé en exploitation ; l’intervention d’un organisme agréé reste requise pour les travaux soumis à permis ou autorisation.

Le registre de sécurité, colonne vertébrale du dispositif

Toutes ces vérifications convergent vers un même document : le registre de sécurité, prévu par l’article R. 123-51 du code de la construction et de l’habitation. L’exploitant est tenu de le tenir à jour et de pouvoir le présenter à la commission de sécurité (art. GE 3, § 3 ; art. MS 52). Il rassemble notamment les consignes d’évacuation, les dates des exercices d’instruction du personnel, les rapports et relevés de vérifications, les livrets et notices d’entretien (gaz, éclairage de sécurité, ascenseurs, etc.) ainsi que l’historique des interventions.

C’est ce registre, complété du dossier technique des installations, que le vérificateur consulte pour apprécier l’état d’entretien et le bon fonctionnement des équipements de sécurité. Un registre tenu avec rigueur est la meilleure démonstration qu’une exploitation est maîtrisée.

Le piège à éviter : l’absence de rapports de vérification à jour est un point noir systématique en commission de sécurité. Un contrat d’entretien signé ne suffit pas : c’est le rapport récent, sans réserve non levée, qui fait foi. Pensez également au RVRAT : après des travaux soumis à permis ou autorisation, ce rapport de vérifications réglementaires après travaux conditionne la visite de réception. Le produire trop tard, c’est risquer un report d’ouverture.

Pour aller plus loin

Avertissement : cette fiche fournit une première orientation fondée sur le règlement de sécurité (arrêté du 25 juin 1980 modifié). Il ne remplace ni le texte officiel, ni l’analyse d’un préventionniste ou coordinateur SSI, ni l’avis de la commission de sécurité.

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